29 octobre 2008

Squat Saint Roch à Amiens city

SquatPour un toit au-dessus de leurs têtes

PHOTO CI CONTRE : Les squatteurs de la rue Fournier savent qu'ils doivent quitter leur squat, mais demandent un autre local où vivre.

Le tribunal d'instance examinait hier, la mesure d'expulsion d'Amiens Métropole envers neuf squatteurs d'une maison de la rue Lucien-Founier, destinée à être rasée. Or ce local est devenu leur oasis. Ils réclament le droit au logement.

Une famille. Voilà ce que sont devenus les uns pour les autres les neuf squatteurs d'une maison de la rue Lucien-Fournier. Un logement racheté il y a quelques années par la communauté d'agglomération d'Amiens à la SNCF. Et qui sera bientôt détruit pour laisser place à un giratoire, facilitant la circulation sur le futur raccordement du boulevard de Strasbourg à la rue de l'Hippodrome.

Cette démolition, les neuf punks la savent inéluctable, depuis 2003 qu'ils ont investi les lieux avec leurs chiens. Ce qui les rend amers, c'est l'empressement avec lequel Amiens Métropole veut les en déloger, « alors que la double voie n'est prévue que pour 2010 », indiquent-ils.

Certains ont repris des études
Pour Messaouda Yahiaoui, avocate de la bande, la situation est loin de respecter la dignité humaine. C'est d'ailleurs au nom de ce principe qu'elle a plaidé hier. « L'hiver, ils vont le passer où ? Dans la rue ? », interrogeait-elle, laissant entendre que tous les efforts fournis par les squatteurs depuis cinq ans pour tenter de s'en sortir pourraient être réduits à néant.

« Ce squat n'a rien à voir avec l'image qu'on s'en fait. Dans cette maison, il y a une vraie solidarité. Notamment envers les très jeunes. Depuis qu'ils ont ce toit, certains ont repris des études en archéologie, ou d'éducatrice. Les autres touchent le RMI. Ceux qui buvaient avant d'entrer là se sont fait soigner ». La bande, hier, nous confiait aussi que l'adresse du squat était parfois donnée par le SAMU social aux marginaux qui ne trouvent pas de place dans les foyers. « Aussi, quand on entend l'avocat de la mairie dire que personne ne savait pas qu'on squattait là, ça nous fait rire ».

Plus qu'un hébergement, c'est aussi dans cette maison que les neuf squatteurs ont installé le siège de leur association « J'y suis, J'y reste ». « C'est une association culturelle, détaillent Jean Fleury et Stéphanie Prémat, deux d'entre eux. On y fait essentiellement de la musique, un peu de peinture. Elle nous sert à promouvoir les arts alternatifs, car à Amiens, il n'y a rien pour ça. »

Contactée hier, la mairie répond quant à elle « qu'il ne s'agit pas de mettre ces jeunes dehors du jour au lendemain. Mais les travaux d'aménagement de la voie vont débuter au printemps, et il n'est pas question de se retrouver avec du monde dans ce logement à la veille de la démolition. On leur laisse donc le temps de se retourner. De plus, cette maison est délabrée et insalubre. En cas d'accident, cela engagerait la mairie. »

Se pliant à la réalité des travaux, les squatteurs ont effectivement déjà rempli des demandes de logement. Une rencontre avec Étienne Desjonquères a également eu lieu pour discuter de l'avenir de l'association. « Mais on attend toujours des réponses », souligne Jean Fleury, qui avec ses compagnons maintient le souhait de « rester ensemble ».
« On veut juste un autre local où on pourrait tous se retrouver. Il y a tellement de locaux vides à Amiens. On est prêts à payer un petit loyer s'il le faut, puisque certains d'entre nous touchent le RMI », tempère Stéphanie Prémat.

La décision finale revient désormais à la justice. Le tribunal d'instance rendra en effet son jugement le 17 novembre.

http://www.myspace.com/squatsaintrock

DELPHINE RICHARD

Posté par Grindy à 11:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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